Editos

Le blog de Pierre Auguste

Les Grands Mystiques de la Politique

 

Nous avons un gouvernement. Nous voilà enfin sortis des présidentielle et de cette constellation Caméléon aux couleurs mimétiques et changeantes. N’en déplaise, aux poètes, aux férus d’onomastique et d’anthroponymie, le nom de cet espace céleste a rimé avec celui de nombreuses stars de la politique.

D’aucuns ont voulu y voir la main de quelque Dieu organisateur de conjonctions de politiciens, de poètes, de philosophes, de commentateurs, morts ou vifs. D’autres y ont vu l’occasion de rappeler aux citoyens qu’il n’y a rien de nouveau sous les myriades de soleils de l’univers. Voici ainsi rallumée la querelle entre la fatalité des caprices divins et le déterminisme. L’une et l’autre se jouent de l’homme et de ses volontés.

Peut-être avez-vous éprouvé le vertige induit par ce mesclun de salades servi par l’actualité. Pour n’en fâcher aucune, nous ne classerons pas ces ombres qui ont défilé sur les murs des cavernes médiatiques. Nous ne nous hasarderons pas à dénombrer obédiences, corporations et coteries, ni à rappeler les ordres d’entrée en scène, de mérite, ou de notoriété des acteurs.

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Fricoteurs, Comploteurs, Tricoteuses

 


Nous avons un président. Le peuple attend du nouveau. On lui en a promis. Il avait déjà connu l’évolution, le renversement, la révolution. Il a failli avoir le dégagisme et le redressement. On lui promet la rupture avec le système. Personne ne sait ce que nous avons perdu ni ce qu’il pourra bien nous rester à subir.

Partis, camps et courants sont sortis divisés des élections primaires. Pulvérisés par les secondaires ils tentent de se ré-agréger dans les tertiaires.

Tous se prétendent démocrates. « Et en même temps », ils ne peuvent supporter les autres, récusent toute idée qui ne procède pas de leurs préjugés auxquels ils jurent fidélité. Les idées en sortirent divinement multipliées, les esprits diaboliquement embrouillés. Les favoris durent s’effacer. Place fut faite aux seconds ou tiers couteaux, qui se disent et se croient prêts à trancher les nœuds gordiens.

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Fin programmée du progrès

 

Nous avons un Président.

L’élection du président de la République se prépare de longue main par une publication édifiante. La mode en fut lancée par Louis Napoléon Bonaparte qui publia en 1844 « L’extinction du paupérisme. » Ce fut son premier pas pour devenir notre premier Président de la République…en 1848. Et voici le huitième de la cinquième !

Le paupérisme n’est toujours pas éteint, mais il semble que nous ayons échappé au pire dont certains des candidats nous menaçaient en tentant de se faire élire en se recommandant de l’extinction du progressisme.

Depuis la nuit des temps l’humanité a pris la mauvaise habitude de travailler à améliorer sa condition en maîtrisant le feu, en taillant et polissant la pierre, en coulant le bronze et battant le fer, en inventant l’élevage et l’agriculture. On a voulu nous faire croire que ce furent de grandes fautes d’avoir, de fil en aiguille inventé l’industrie textile et, machinalement, développé le machinisme qui permit accessoirement de condamner l’esclavage par lequel les plus forts sous-traitaient leurs fatigues.

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Imbroglio Cérébral

 

Il s’est toujours trouvé des présomptueux pour prétendre simplifier la vie et concilier les inconciliables. L’histoire et l’actualité en disposent autrement. Chaque situation appelle une situation plus compliquée, chaque appel à la concorde multiplie les discordes, le personnel politique s’éreinte à refuser ou à réformer les réformes. De préférence à contretemps. Les grands œuvres sont toujours inachevés et l’histoire n’est guère qu’un enchaînement de cafouillades.

Pendant des siècles, nos rois se sont employés à « arrondir leur pré carré pour en faire un hexagone. » Mais « en même temps », comme disent aujourd’hui les zélateurs de la synthèse, ils ont concentré le pouvoir en s’appuyant sur la féodalité qui fut le prototype de l’organisation territoriale de la République.

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Qualification Scientifique & Disqualification Politique

 

Par les hasards de son errance quotidienne entre les chaînes de télévision, le citoyen a vu s’enchaîner toutes choses et leur contraire. Il est ainsi passé de l’inévitable et désespérante chronique des élections présidentielles à une émission sur les espérances ouvertes par la mission spatiale Rosetta. C’est un peu tiré par les cheveux de la comète mais quelque dieu facétieux semble avoir commandé cette concomitance de l’odyssée spatiale de l’espèce humaine et de l’odyssée électorale, quinquennale, nationale.

L’idée est extravagante de rapprocher des programmes politiques au ras du sol et un programme de navigation dans les espaces infinis qui effrayaient tant cet Auvergnat de Paris qu’était Blaise Pascal.

On peut en faire trois conclusions : Il y a différentes manières de tirer des plans sur la comète ; Les états d’esprit, les promesses et espoirs scientifiques et politiciens sont à des années lumières les uns des autres ; Plus les politiciens manquent de notoriété, plus ils s’adonnent à l’ivresse des cimes de l’expression.

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Plans, Projets, Programmes

 

La politique est un sport de glisse. Les plans sont glissants, les projets patinent, les programmes dérapent.

Notre quinquennat finissant n’a échappé ni à la règle, ni à la fatalité par lesquelles rien n’advient comme prévu.

Pour sauver les banques menacées par la ruine des « sub primes » le gouvernement précédent avait dû « trouver l’argent où elle était » comme on disait naguère. Les prélèvements obligatoires s’étaient envolés et la dette nationale s’était creusée selon l’orientation des axes de référence des commentateurs politiques.

Après avoir déclaré la guerre à la finance, le successeur a cherché partout des capitaux.

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Chaud-froid climatique. Retour à la nature

 

Les écologistes et les ornithorynques sont apparentés. Ce n’est pas tellement parce que l’ornithorynque est un animal singulier pondant des œufs, allaitant ses petits, portant un nom d’oiseau, un bec de canard et un manteau de fourrure.

Ornithorynques et écologistes sont deux manifestations de l’évolution qui ont émerveillé les savants et bousculé la classification des mammifères. Ils ont surtout les propriétés communes d’avoir un petit cerveau, toutefois plus grand que celui des plus petits mammifères fossiles connus, et d’être dotés du sens de l’électro-perception qui leur permet de détecter les proies par leur champ électrique. Les uns et les autres savent qu’ils sont entrés dans une ère dite Anthropocène qui risque de les faire évoluer vers l’anthropophagie.

Nous avons tous entendu ce message des savants selon lequel nous sommes à la terre ce que l’astéroïde fut aux dinosaures. Mais nous savons aussi que l’accident cosmique qui provoqua leur disparition eut des conséquences fort longues à se dissiper, que les dinosaures sont morts de faim par la disparition de la végétation, sans avoir eu le temps d’inscrire le principe de précaution dans leur constitution. Les écologistes savent tout cela mais en tirent des conséquences qui vont à rebours du bon sens.

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